enfant qui verse de l'eau

Où sont les enfants sages et obéissants ?

Les enfants sages et obéissants sont-ils en voie de disparition ? Est-ce que la sagesse et l’obéissance se perdent de génération en génération ? Aujourd’hui, accouchons-nous d’enfants prédestinés à être « terribles » ?

Tu voudrais que ton enfant soit sage et t’obéisse au doigt et à l’œil ? Le voudrais-tu ou le veux-tu ? Lorsqu’on remonte dans nos souvenirs d’enfance, on se souvient de l’obéissance que l’on devait à nos parents. La question est de savoir si cette obéissance était vécue comme une coopération ou ressemblait davantage à une contrainte entraînant des frustrations et des émotions refoulées ?

« Un des buts principaux de l’éducation est jusqu’à présent de plier la volonté de l’enfant pour y substituer celle de l’adulte, sous prétexte d’obéissance. »

Cette phrase est toujours porteuse de sens, bien que le « présent » de Maria Montessori est censé être notre « passé ». Pourtant cette pensée s’inscrit encore et toujours dans une réalité actuelle.

Il est très facile d’avoir des enfants sages et obéissants, c’est peut être plus facile que d’avoir des enfants libres et heureux. Mais quels sont les sacrifices à faire pour avoir des enfants obéissants ? Renoncer à leur personnalité ? Bafouer leurs désirs et leurs attentes ? Étouffer leurs ardeurs ? Conditionner leurs émotions ? Limiter leurs entreprises ?

Lorsqu’on pense à l’enfant idéal, on le pense sage, gentil, propre, obéissant, docile, doux…

Et pourtant, alors qu’on déploie une énergie négative effroyable à les soumettre à ces principes, on passe trop souvent à côté du pouvoir incroyable de la nature. Car les enfants ont tous ces aptitudes en eux. Ces aptitudes leurs sont naturelles. Les enfants sont aimants, ordonnés, travailleurs, doux, coopérants, justes, observateurs…

« […] la volonté implique un but à atteindre, difficile à vaincre. Si nous considérons que les actes volontaires sont des mouvements presque toujours désordonnés, il serait alors nécessaire de dompter la volonté; […]. Mais la réalité, c’est que la volonté ne mène pas au désordre ni à la violence; ce sont là des signes de déviation et de souffrance. »

A force d’imposer nos volontés à nos enfants, nous renforçons leurs dispositions à résister, leurs capacités à s’opposer, leur expression de la contradiction. Nous dictons des conduites à l’enfant qui vont à l’inverse de leurs élans naturels. A force d’oppositions, de restrictions et d’interdits, nous finissons par façonner des êtres qui sont exactement l’inverse de ce que nous avions imaginé, et qui sont en plus dans un état de confusion extrême. D’un côté, ils ont cette force en eux qui les guide vers l’évolution, vers le mouvement, vers l’élévation de leurs facultés. Mais de l’autre côté, ils ont ces menaces et ces contraintes auxquels ils doivent se plier sous peine de sanctions. Et cela les mènent immanquablement vers un état statique à l’inverse de leurs aspirations.

enfant joue avec des lettres

Les enfants sages « veulent ce qu’ils font »

Offrir à l’enfant la chance de se développer en harmonie, selon son rythme, ses aspirations et ses inspirations. Pour qu’il grandisse en construisant sa propre harmonie, pour qu’il s’éveille et s’émerveille du monde qui l’entoure, pour que son regard soit toujours curieux et ses entreprises audacieuses, il doit immanquablement vouloir ce qu’il fait. Il est tellement facile de briser un élan volontaire par de la répression que notre mission de parents est d’aider nos enfants à entreprendre ce qu’ils veulent.

Lorsque je vois Arthur concentré et impliqué dans une activité qu’il a voulu, l’émotion me gagne. J’aime le voir dans cet état, et pourtant, je ne le pousse pas à être ainsi. J’ai bien observé que lorsqu’il agissait avec la liberté de choisir ce qu’il faisait, l’aboutissement et le chemin pour y parvenir étaient plus forts, plus marqués. Je me suis habituée à le voir ainsi, et lui c’est habitué à agir ainsi.

Il ne fait pas ce qu’il veut, car nous agissons en ayant des règles familiales simples, mais il veut ce qu’il fait. C’est une chose bien plus puissante et glorieuse que de faire ce que l’on veut. Vouloir ce que l’on fait implique une volonté, un choix, une décision, une réflexion. Cette liberté constructive et positive lui permet d’évoluer à son rythme. Il est libre de prendre le temps nécessaire dont il a besoin pour se construire.

enfant puzzle

La sagesse est le fruit d’une évolution naturelle

Les crises et autres tempêtes émotionnelles qui s’abattent sur nos enfants ne sont que les conséquences d’émotions trop fortes. L’immaturité du cerveau des enfants ne leur permet pas de garder le contrôle de la situation. Ils perdent pied et nous le font comprendre par des cris et des larmes.

Lorsque Arthur s’oppose avec force et vigueur à une proposition que je lui fais, je l’écoute et prend en compte son choix. Je ne cherche pas à voir de rébellion là ou sa résistance est uniquement motivée par un acte volontaire. En lui laissant la possibilité de faire ses choix, je l’aide à s’affirmer, à argumenter, à construire sa propre personnalité. Je pense avoir compris que la coopération volontaire, plus que l’obéissance (qui est un mot que je n’aime pas) est une acquisition naturelle qui vient au fil du temps et des expériences.

Au départ, l’enfant est conduit et motivé par des actes volontaires qui vont le façonner, puis, en grandissant sa conscience va se former. Il sera alors traversé par des réflexions et des questionnements qui lui permettront d’évoluer, de grandir. Enfin, viendra le moment ou sa coopération volontaire sera guidée par sa volonté consciente.

enfant dessine

Ce cheminement peut être plus ou moins long. Notre rôle de parent joue une part très importante dans ce cheminement. Lorsque j’aide Arthur à traverser ses crises, lorsque je l’aide à s’apaiser, lorsque je lui laisse la liberté d’avoir le choix, lorsque je l’aime inconditionnellement, lorsque je m’informe afin de l’accompagner au mieux… c’est la possibilité de se construire en laissant le meilleur de lui-même se révéler pleinement et naturellement que je lui offre en réalité.

Prends soin de toi et de ta famille.

Amélie


Découvre comment je fais pour endormir mes enfants:
- rapidement et dans le calme. Je n'ai plus de crises au moment du coucher.
- avec beaucoup moins de réveils nocturnes. Je suis enfin en forme le matin.
- n'importe où chez des amis ou la famille. J'ai retrouvé des soirées calmes.
- tout cela en les respectant et sans les laisser pleurer.

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About Amelie Blot

Je me rappelle étant petite que je disais à ma maman : "quand je serai grande je ne punirai pas mes enfants !". Les années ont passé, je suis devenue maman et ce principe qui "était" en moi est plus fort que jamais. Je me forme au quotidien, à travers mes lectures enrichissantes et auprès de mon petit Arthur, à une méthode d'éducation respectueuse et bienveillante. J'espère pouvoir vous transmettre le goût de vivre la fabuleuse aventure de la parentalité tout en préservant l'épanouissement familiale si nécessaire au bonheur.

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4 4 commentaires

  1. Ils ne sont pas chez moi en tout cas les enfants ages et obeissants, et tant mieux !!! J’avoue que parfois ce serait chouette… pendant 10 minutes, mais sinon c’est merveilleux d’avoir des enfants volontaires avec qui on apprend tous les jours. Ce n’est pas toujours facile mais quand on lache prise sur nos conditionnements, ca se passe beaucoup mieux ! Il y a un probleme par contre chez nous concernant la proprete … Je n’arrive pas a lacher prise…. Mes enfants refusent regulierement ou ralent pour se laver les mains avant de manger ou pour se brosser les dents…. Et la j’ai beaucoup de mal. Je ne les force pas mais difficile pour moi de retenir des lecons de morale ou de ne pas grincer des dents !!!

  2. Delphine LECONTE

    Ton article est très intéressant (je te remercie pour tes exemples), il permet de se remettre en cause et surtout de remettre en cause notre mode éducatif.
    Pourrais tu, lors d’un prochain mail, me communiquer la liste des livres que tu as eu le plaisir de lire sur la parentalité positive et qui t’on permis d’arriver à un tel comportement vis à vis de tes deux bouts de chou, Arthur parait si calme, posé. J’aimerai arrivé à un tel résultat, sans avoir besoin ni de crier ni de punir mon fils Owen de 4 ans 1/2.
    Je les avait déjà vu dans un article mais je n en avait pas pris note et je n’arrive pas à les retrouver. C’est pourquoi, je te demande d’avoir la gentillesse de me les envoyer dans un mail afin de pouvoir en garder une trace écrite.
    D’avance merci pour ton temps si précieux que tu prendras pour me répondre.

    Merci beaucoup. Delphine.

  3. Bonsoir Amélie, Bonsoir Fabien,

    Merci pour vos conseils et partage d’expérience toujours plus précieux les uns que les autres.

    Je suis maman d’une petite fille de 16 mois qui a une grande capacité à communiquer et nous souhaitons vraiment pouvoir l’écouter en tant que personne à part entière (contrairement au souvenir que je peux avoir de mon enfance un peu plus dans la domination de l’adulte vis à vis de l’enfant).

    Néanmoins, j’avoue parfois être un peu perdue dans certaines situations où notre fille souhaite visiblement quelque chose auquel nous ne pouvons satisfaire parfois juste par soucis d’organisation (impératif d’horaire pour aller au travail principalement).

    Comment pouvons nous conjuguer nos obligations avec ses souhaits?

    Encore merci.
    Mélanie

  4. Bonjour je suis désespéré au bord des larmes car ma petite qui vient juste de avoir 4 ans son comportement est de pire en pire je vécu la même chose à la veille de ces 3 ans horrible aussi les crises mais la maintenant ce la même chose mais tres différent je sais pas si la fatigue joue vu que a l’école il ne font plus la sieste mais à la maison et en vacances elle me fait des sieste de 2 heures et demi mais la ce tout le temps de la provocation elle cherche sans cesse mon attention et puis après la crise demande les bras ,câlin et me dit je t’aime pourtant moi et son papa on la toujours rassure sur ce point la qu’on l’aimera toujours mais bon je sûrement néglige quelque chose comme maman je me sens mauvaise mère ,impuissant et perdu vous pourriez me conseiller des personnes qui puisse me aider sur Lille psy ou un pédopsychiatre
    je sais pas?? Merci

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