accouchement naturel en salle physio
Accouchement naturel en salle physio

Accouchement naturel ou classique : comment faire son choix ?

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Chaque semaine, je partage mes réflexions sur la parentalité positive, le maternage proximal ou encore la pédagogie Montessori.
Je partage également les activités pédagogiques que nous réalisons à la maison 🙂

Dès le premier mois de sa grossesse, la future maman va très rapidement se projeter sur son accouchement. Un flot d’inombrables questions va lui traverser la tête et il est parfois difficile d’y trouver les bonnes réponses, que ce soit dans son entourage familiale (maman, soeur, belle-soeur, copine, collègue…) ou sur internet.

  • Est-ce que cela fait mal d’accoucher ?
  • Combien de temps ça dure un accouchement?
  • Est-ce qu’il faut demander la péridurale ? Si oui est ce que la pose de la péri n’est pas trop douloureuse ?
  • Est-ce que je vais avoir une épisiotomie ? Les forceps ? Les ventouses ?
  • Et si j’avais une césarienne ? Comment cela va se passer ?
  • Le futur papa pourra-t-il faire une vidéo de l’accouchement ;-) ?
  • Faut-il préférer un accouchement naturel, dit aussi physiologique ? Peut-on faire un accouchement à la maison ?

Cette liste de questions est loin d’être exhaustive, car il y a autant de questions que les femmes enceintes ont d’imagination ;-) Et oui c’est bien connue, nous aimons bien “contrôler” la situation.

Cependant, lors d’un accouchement, rien (ou presque) n’est prévisible. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut s’inquiéter, bien au contraire, pensez à son accouchement de manière sereine et détendue est l’une des meilleures préparations que vous pouvez vous offrir à vous même et votre bébé !

Pour l’accouchement d’Arthur (en octobre 2012), j’ai voulu me laisser le choix d’avoir une péridurale et de me décider au dernier moment. Au final, je l’ai demandé, et cela était prévisible, car faire le choix d’un accouchement naturel se prépare, se travaille, seule, avec son conjoint et avec une sage-femme. L’anesthésiste est donc venue me poser la péridurale. Je pouvais ensuite la doser moi-même en appuyant sur un bouton. Cependant, lorsque l’on appuie sur le bouton, l’effet n’est pas “immédiat”. J’ai donc appuyé très (trop) régulièrement sur le bouton. Résultat : je n’ai presque pas ressentie Arthur sortant de mon corps et j’en ai été très frustrée.

Pour ma deuxième grossesse, j’ai fait le choix d’un accouchement naturel. L’explication de ce choix et le retour sur l’accouchement classique vont être le thème de cet article. Pour vous fournir des explications validées par des recherches médicales, je vous indiquerai en bas de page toutes les sources et les différents articles que j’ai consulté et qui m’ont aidé à la rédaction de cet article.

accouchementAccouchement classique, c’est quoi au juste ?

Lorsque l’on parle d’accouchement classique, on parle surtout de la position de la future maman, c’est à dire plus ou moins allongée sur le dos avec les pieds relevés dans les étriers.

On imagine ensuite certains “branchements”, les plus classiques sont avec :

  • La perfusion : elle permet d’hydrater la maman pendant l’accouchement et de faire passer d’éventuels médicaments
  • Le monitoring : il permet d’évaluer la fréquence et l’intensité des contractions
  • La péridurale : c’est une technique d’anesthésie locale entrainant une perte de sensibilité temporaire visant à réduire les douleurs liées à l’accouchement.

Les limites de l’accouchement classique

L’accouchement classique permet souvent de rassurer les jeunes mamans, notamment pour le premier enfant. La médicalisation de l’évènement entraîne alors un sentiment de confort très fort.

Cependant, il faut bien savoir que cela exige quelques points négatifs

  • un alitement complet de la future maman. Se déplacer devient vite compliqué avec autant de branchements. D’ailleurs la sage-femme et le personnel médical vous en dissuaderont rapidement car cela risque de leur faire plus de boulots de surveillance.
  • être sondée pour ses envies d’uriner. Une aide soignante vient régulièrement sonder la future maman afin de vider la vessie. Là encore, dans une règle de confort et de facilité de gestion pour le personnel médical, la future maman ne peut pas aller aux toilettes.
  • une interdiction de boire de l’eau. Afin de parer à une éventuelle intervention chirurgicale, la future maman n’a pas le droit de boire. Ce qui est le plus gênant avec cette interdiction de boire, c’est surtout que c’est totalement infondé. En 2010, une étude du Cochrane a regroupé 5 essais cliniques incluant 3130 femmes. Les résultats de cette étude montrent que boire ou manger durant l’accouchement, comparé à l’accouchement à jeun, n’augmente pas le risque de césarienne, n’augmente pas le risque d’accouchement assisté (ventouse ou forceps par voie basse), n’augmente pas la durée du travail, n’augmente pas le risque de vomissements, n’augmente pas le risque d’un score Apgar inférieur à 7. Voici d’ailleurs la conclusion des auteurs de l’étude.

    Boire et/ou manger durant l’accouchement ne représente ni bénéfice ni danger particulier, tant pour les femmes à bas risque de complications que pour le nouveau né. Le choix de s’alimenter devrait ainsi être laissé aux femmes. La restriction de nourriture ou de boisson chez les femmes présentant un risque élevé d’anesthésie générale reste une pratique pour laquelle il n’existe pas encore de preuves provenant d’essais randomisés comparatifs.

La péridurale

La péridurale permet de réduire considérablement les douleurs liées aux contractions et bien évidemment celles ensuite liées à l’expulsion du bébé. De nos jours, entre 60 et 70% des femmes se voient poser une péridurale lors de leur accouchement.

Il faut tout de même garder en tête que la péridurale reste un acte médical pouvant entraîner certaines conséquences :

  • Obligation de rester allongée sur le dos
  • Non contrôle des muscles de la vessie
  • Non contrôle des muscles de l’utérus provocant un ralentissement des contractions et des difficultés d’engagement du fœtus. L’accouchement est donc plus long et plus difficile (bien que la maman souffre moins)
  • Risque multiplié par 3 de recevoir de l’ocytocine pour accélérer le travail. Ce type d’injection peut augmenter le risque de souffrance du fœtus
  • Risque multiplié d’avoir recours aux forceps et à l’épisiotomie
  • Risque de voir la température du corps augmenter (et donc celle du bébé)
  • Effets néfastes sur le bébé

Les effets de la péridurale sur le bébé

Les effets directs de la péridurale sur le bébé ont été démontré par des prélèvements sanguins au moment de la naissance. Les produits analgésiques et anesthésiques passent la barrière placentaire. Les médicaments se diffusent rapidement à travers les membranes des cellules, traversent le placenta et pénètrent le système sanguin du bébé.

Des effets indirects ont également été démontré. La péridurale induit une chute de la tension artérielle chez la maman ce qui amène un ralentissement du rythme cardiaque du fœtus lorsque la pression artérielle de sa maman baisse.

L’observation du comportement du nourrisson ayant subi les effets de la péridurale de sa maman à la naissance ont déjà été évalué :

  • Plus de difficulté à se familiariser à l’allaitement maternel
  • Pleurs plus fréquents
  • Dérèglement de l’ordre naturel des choses
  • Retardement des premiers moments interactifs entre la maman et son bébé

Qu’est ce qu’un accouchement naturel ou dit accouchement physiologique ?

Un accouchement physiologique est le plus naturel possible et se déroule généralement dans le respect des processus des corps de la maman et du bébé à naître.
Depuis la nuit des temps, la future maman bouge pendant son accouchement. Les mouvements permettent la descente du fœtus et la diminution des douleurs.

Un accouchement naturel dure en moyenne 4h contre 6h30 pour un accouchement classique. Cette différence s’explique par le fait que la péridurale ralentit le travail et que la position d’accouchement classique sur étrier n’est pas du tout naturel. Les positions de la future maman lors d’un accouchement physiologique favorisent l’engagement du fœtus et la poussée utérine.

positions pour accouchement naturel et physiologique
Des positions pour faciliter la naissance de bébé

Pourquoi l’accouchement naturel facilite l’expulsion du fœtus ?

L’engagement du bébé est favorisé lorsque les 2 axes d’engagements et la poussée utérine coïncident. Pour arriver à ce résultat, la maman doit arriver à trouver la position idéale pour accoucher. La position idéale étant la position accroupie. Cette position est la plus répandue à travers le monde.

L’accouchement naturel permet de :

  • Diminuer le temps de travail
  • Diminuer les interventions médicales
  • Diminuer les douleurs de manière naturelle
  • Vivre pleinement son accouchement

Comment accoucher physiologiquement ?

Lorsque vous choisissez d’accoucher physiologiquement à l’hôpital (si l’hôpital de votre ville possède au moins une salle physiologique), il faut appeler l’hôpital afin de convenir d’un entretien avec la sage-femme référente sur les accouchements physiologiques. Vous lui expliquerez alors votre démarche et vos motivations à travers le “projet de naissance” que vous aurez au préalable élaboré avec votre conjoint. Vous lui remettrez d’ailleurs une copie de ce document. Ensuite elle vous présentera la salle d’accouchement physiologique et vous parlera de cette démarche volontaire du point de vue de l’hôpital. Oui, cela peut paraître étonnant de devoir motiver ses choix pour accoucher naturellement. A croire que la norme est devenue l’accouchement médical.

Afin de bien vivre votre accouchement naturel, nous vous conseillons de faire une bonne préparation:

  • Haptonomie
  • Méthode Bonapace
  • Yoga
  • Sophrologie
  • Acupuncture
  • Pilates
  • Fasciathérapie
  • Watsu
  • avec une Doula

De prochains articles reviendront en détails sur chacune de ces préparations.

Malgré le fait que j’ai accouché de manière classique pour Arthur, nous avions tout de même un “mini” projet de naissance qui consistait aux faits que je puisse allaiter Arthur dès sa naissance et surtout avant tout examens et autres préparations et qu’ensuite Fabien s’occupe de lui pour le préparer.

accouchementQue vous choisissiez un accouchement naturel ou classique, nous vous souhaitons de vivre celui-ci comme un moment de bonheur immense et intense en famille.

accouchementSources :

  • La péridurale par Blandine Poitel http://accoucherautrement.free.fr/Peridurale.htm
  • Effets de la péridurale sur les bébés par Odile Penet http://suite101.fr/article/effets-de-la-peridurale-sur-les-bebes-a31453#.VNS6yC6K2kl
  • L’anesthésie comme cause de souffrance fœtale ? par M.-P. Bonnet, M. Bruyère, M. Moufouki, A. De la Dorie, D. Benhamou.
  • Accouchement physiologique et positions d’accouchement: suivre le mouvement par Marie Claude Masson, sage-femme et Lucie Hamelin, sage‐femme et professeure
  • 51e congrès national d’anesthésie et de réanimation
  • Cochrane http://swiss.cochrane.org/sites/swiss.cochrane.org/files/uploads/accouchement.pdf

About Amelie Blot

Je me rappelle étant petite que je disais à ma maman : "quand je serai grande je ne punirai pas mes enfants !". Les années ont passé, je suis devenue maman et ce principe qui "était" en moi est plus fort que jamais. Je me forme au quotidien, à travers mes lectures enrichissantes et auprès de mon petit Arthur, à une méthode d'éducation respectueuse et bienveillante. J'espère pouvoir vous transmettre le goût de vivre la fabuleuse aventure de la parentalité tout en préservant l'épanouissement familiale si nécessaire au bonheur.

6 6 commentaires

  1. J’habite au Québec, où j’ai eu ce que je qualifie un accouchement semi-naturel. Ayant perdu mes eaux à la maison sans le début des contractions (ou très légères), je me suis rendue à l’hôpital où le personnel a attendu quelques heures que le tout démarre naturellement. Ensuite, on m’a proposé de déclencher le travail avec des perfusions de Pitocin, ce qui voulait dire que j’aurais du monitoring en continu. Ayant accepté, on m’a perfusée avec les premières doses et j’ai pu soulager ma douleur avec un ballon physio, et ensuite un bain tourbillon chaud. On m’encourageait à changer de position, à marcher et je n’ai pas eu de sonde urinaire (toujours avec la monitoring). Pour l’expulsion, j’ai changé de position une ou deux fois, et la salle d’accouchement était très paisible et les lumières tamisées. Je n’ai pas eu de péridurale, ni de ventouses, ni de forceps, ni d’anesthésie du bloc honteux, ni de gaz hilarants, etc.. J’ai l’impression que les choses évoluent en milieu hospitalier et que cela change beaucoup d’un pays à l’autre. Mon seul regret: je n’ai pas insisté plus que cela pour passer les deux premières heures en peau à peau, ils ont fait les tests (relativement rapidement), mais pour le deuxième, je veux un contact continu, sans dérangement (si notre santé le permet, bien sûr), pour maximiser mes chances de bien débuter l’allaitement.

    • Bonjour KatMarieChant,
      Merci pour votre joli témoignage !
      C’est vrai que d’un pays à l’autre cela change beaucoup !
      A très bientôt,
      Amélie

  2. Bonjour,
    Je viens réagir à votre dernière partie :”Comment accoucher physiologiquement ?” Chaque hôpital a son fonctionnement. Le projet de naissance n’est pas obligatoire et heureusement: je n’aurais pas eu grand chose à dire dans le mien, et il n’était pas question de me justifier quand à mon choix de ne pas recourir à la péri, même pour mon premier. Il n’y a pas non plus de référent physiologique dans chaque établissement.
    Par contre, créer un relationnel positif avec le corps médical est très important pour faire comprendre et respecter vos souhaits.

    Je suis d’accord avec vous lorsque vous dites : “Vous lui remettrez d’ailleurs une copie de ce document.” En effet, la sage-femme qui vous suit le jour J n’est probablement pas la même et avoir ce doc en main, lui (et vous) sera bien utile.
    “Ensuite elle vous présentera la salle d’accouchement physiologique” : c’est rare: pour des raisons d’hygiène, c’est de moins en moins possible: demandez des photos dans ce cas.

    • Bonjour Crécerelle,
      Avec Fabien nous avons eu la même réaction d’étonnement lorsqu’on nous a demandé de rédiger un projet de naissance pour (se justifier) de pouvoir vivre un accouchement naturel.
      Cependant chaque maternité à en effet son processus et son protocole à respecter. Ce document à l’avantage de mettre par écrit tous les désirs des parents, et de ce fait il n’y a pas lieu de répéter plusieurs fois les mêmes choses!
      A très bientôt,
      Amélie

  3. Bonjour,
    Mes trois enfants sont nés à la maison… et lorsqu’on est libre, rien n’est prévisible dans un accouchement… Pour mon premier accouchement, j’avais imaginé la position que je prendrai et je me suis finalement retrouvée dans une autre position (à laquelle je n’avais pas du tout pensé), parce que lorsque rien n’est socialement dicté, le corps s’adapte aux besoin de lui-même.
    Vous dites: “La position idéale étant la position accroupie”. Non, la position idéale est celle que vous allez choisir sans contrainte et qui sera la vôtre.
    Si vous avez la chance d’accoucher à domicile ou dans un endroit ou vous êtes libre de faire comme vous l’entendez , prévoyez de quoi vous suspendre (même si , finalement vous ne l’utilisez pas), de l’espace pour vous mouvoir (même si finalement vous restez couchée ou assise), etc… bref laissez le champs des possibles ouvert sans rien vous imposer parce que vous avez lu que “c’est la position idéale, la façon idéale”, etc…
    Amicalement
    Bénédicte

    • Bonjour et merci pour votre super témoignage !
      C’est vrai que la position idéale pour la maman est celle dans laquelle elle se sent le mieux. Dans l’article, je voulais parler de la “meilleure” position physiologique. C’est à dire la position dans laquelle les deux axes d’engagements coïncident au maximum.
      Bravo pour vos 3 accouchements maison !
      A très bientôt,
      Amélie

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