Maria Montessori a passé une grande partie de sa vie a étudier le comportement des enfants. Dans son œuvre “L’enfant“, elle étonne. Tout ce qui y est exposé concerne l’ordinaire de la vie, des choses simples, mais auxquelles nous ne prenons pas en compte l’importance. Nous passons alors à côté des choses qui sont précieuses à l’enfant pour l’acquisition de son autonomie, pour sa confiance en soi en les autres, pour son développement moteur, pour sa construction globale…

Maria Montessori étonne, car tout ce qui est exposé dans son livre semble nouveau, et pourtant, cet ouvrage a été publié en 1936, il y a presque 80 ans (voir article sur la période sensible de l’ordre).

Les sujets traités par Maria Montessori sont nombreux. Aujourd’hui je me suis intéressé à son analyse sur le sommeil de l’enfant. Le ton peut paraitre provocateur, mais cette aptitude à dire les choses franchement et sans tabou a valu à Maria Montessori de se faire entendre et respecter.

Le sommeil de l’enfant n’est pas réglé sur une horloge

Le sommeil de l’enfant est une question qui préoccupe bon nombre de parents. Combien de fois n’avez-vous pas entendu que le sommeil de l’enfant est très important pour le développement de son cerveau? Même si, d’une manière générale, cette affirmation est vraie, votre enfant ne sera pas plus bête que celui de la voisine s’il dort 2 ou 3 heures de moins par jour.

Comme l’écrit Maria Montessori,

Personne ne doute que le sommeil ne soit utile. Mais l’enfant est un être capable d’observation. Ce n’est pas un dormeur par nature. Il a besoin d’un temps de sommeil normal et, sans doute, devons-nous le seconder scrupuleusement dans ce besoin. Il faut pourtant distinguer le sommeil normal de l’enfant du sommeil artificiel que nous provoquons chez lui.

Avant l’arrivé du premier enfant, le couple vit dans l’univers qu’il s’est crée. Il profite de ses soirées en s’adonnant à des passions diverses comme lire des livres, regarder la télévision, aller au restaurant, au cinéma, ou encore sortir entre amis. L’arrivée de l’enfant chamboule cette organisation. La liberté des parents à faire ce qu’ils prenaient plaisir à faire se retrouve très largement réduite. C’est pourquoi les parents veulent donner le plus tôt possible un “rythme” à leur enfant, je ne dis pas que ce n’est pas important d’avoir un rythme, mais plutôt qu’il faut prendre en compte les besoins de l’enfant et s’attacher aux signaux qu’il nous montre.

Maria Montessori relève ce fait, toujours d’actualité aujourd’hui:

Les parents ont si bien habitué leurs enfants à dormir de bonne heure, le soir, qu’ils sont complètement libre de sortir.

Avant de lire “L’enfant” de Maria Montessori, nous étions les premiers à coucher Arthur à 20h pour être “tranquille”. Nous nous appuyions sur l’excuse du sacro-saint rythme si important pour le sommeil de l’enfant. Amélie, qui endort Arthur dans son lit en l’allaitant puis en lui caressant le dos, passait parfois jusqu’à 1h30 auprès de lui. La longueur de cet accompagnement lui était parfois lourde à supporter, et au final, nous n’avions pas plus de temps pour nous. En réalité, nous n’avions tout simplement pas compris que notre fils n’était pas réglé comme une horloge, et que l’heure à laquelle nous avions décidé de le coucher n’était pas forcément l’heure à laquelle il était fatigué.

Il est important de prendre en compte le paramètre “sieste”, je m’explique : si votre enfant fait une sieste de 2 heures entre 15h et 17h ou s’il fait une sieste d’1h30 entre 13h et 14h30, il est à peu près certain que le soir venu, suivant l’une ou l’autre des situations, il n’aura pas sommeil à la même heure.

Et c’est bien de cela qu’il s’agit : être attentif à l’enfant et prendre en compte ses besoins pour l’accompagner sereinement à trouver le sommeil. L’atmosphère se détend très vite lorsque les membres du foyer retrouvent leur équilibre et que les besoins de chacun son respectés.

Avez-vous une cage dans la chambre de votre enfant ?

Je vous vois déjà écarquiller les yeux devant un tel titre 8-O. La “cage” est en réalité l’image renvoyée par le lit à barreau standard. Celui dans lequel nous avons quasiment tous dormi et dans lequel de nombreux enfants dorment encore de nos jours.

Voici l’analyse de Maria Montessori au sujet du lit à barreau:

Le lit des enfants qui savent déjà se mouvoir seuls est une hérésie. Différent du berceau qui a sa beauté  et moelleux, différent du lit des grandes personnes fait pour s’étendre commodément et dormir, ce qu’on appelle le lit d’enfant est la première prison qu’offre la famille à ces être qui luttent pour leur existence intellectuelle. La haute cage de fer (quoiqu’elles sont plus en bois de nos jours) dans laquelle les parents les font descendre pour trouver le gîte forcé est à la fois une réalité et un symbole. Les enfants sont les prisonniers d’une civilisation construite exclusivement par l’adulte pour le bien de l’adulte, qui se resserre toujours davantage, ne laissant à la liberté de l’enfant qu’un espace progressivement réduit. Le lit de l’enfant est une cage surélevée afin que l’adulte puisse manier l’enfant sans avoir le mal de se baisser ; il peut ainsi ainsi abandonner cet être qui, sans doute, va pleurer, mais ne se blessera pas.

En tenant ce genre de propos, on peut aisément dire qu’elle n’est pas très tendre avec notre habituel lit à barreau. Cela à l’avantage de provoquer une interpellation forte et d’en faire découler la réflexion suivante : Pourquoi un enfant étant capable de se mouvoir seul, donc aux alentours de 9-10 mois, dort dans ce type de lit ?

C’est vrai que le lit a barreau à l’avantage d’être une sécurité, car lorsque l’enfant est dans une crise de pleurs destinée à faire comprendre à ses parents qu’il n’est pas encore fatigué, au moins il ne risque pas de se blesser ni d’en sortir. Les parents sont donc tranquille pour vaquer à leurs occupations. Notez ici ma pointe d’ironie ;-)

Plus sérieusement, l’avantage du lit à barreau est très limité lorsque l’on est dans l’optique de répondre aux besoins de nos enfants. En effet, les enfants qui dorment dans les lits à barreaux appellent leur parent ou pleurent lorsqu’ils sont réveillée, car ils se retrouvent coincés et donc dans l’impossibilité d’en sortir seul. L’adulte doit alors se lever pour aller chercher/consoler son enfant.

Nous avons réfléchi aux propos de Maria Montessori:

L’enfant doit avoir le droit de dormir quand il a sommeil, de s’éveiller quand il a fini de dormir, et de se lever quand il le veut.

C’est donc avec bonheur que nous avons dit au revoir au joli petit lit à barreau (qu’Amélie avait mis de nombreuses heures à repeindre) dès les 9 mois d’Arthur. Nous avons alors ôté pour un matelas posé au sol. Du coup, lorsque Arthur se réveille, il sort seul de son lit et vient nous retrouver dans le notre pour une tétée ou un câlin. Tout se passe dans le calme et le silence et chacun peut profiter des dernières minutes de sommeil sereinement avant d’attaquer la journée.

Un simple matelas au sol est idéal pour le sommeil de l’enfant

Maria Montessori préconise d’abandonner le lit à barreau classique pour le remplacer par un simple matelas posé au sol.

Aussi conseillons-nous l’abolition du classique lit d’enfant et son remplacement par un matelas très bas, recouvert d’une grande couverture, sur lequel l’enfant peut se coucher et qu’il peut quitter à sa volonté.

Comme je vous le disais un peu plus haut, nous avons adopté cette technique à la maison en mettant un matelas d’une largeur de 120cm sur un sommier directement posé au sol. Nous avons fais le choix d’installer un sommier afin d’éviter les problèmes d’humidités. Nous avons également posé un tapis à côté pour faire une transition avec le sol. Plus économique qu’un lit d’enfant classique, cette façon d’organiser la chambre présente l’avantage que l’enfant peut se lever comme bon lui semble. Il est libre, il développe son autonomie.

Lit montessori pour le sommeil de l'enfantla chambre d’Arthur

L’idéal est de placer le matelas dans un coin de la chambre afin que l’enfant ait bien en visuel l’ensemble de la pièce. Il est également important qu’il puisse voir la porte d’entrée… et de sortie.

Vous trouverez ci-dessus une photo du “coin nuit” d’Arthur. Pour le plaisir des yeux, je vous invite à consulter notre article sur les grands principes à respecter pour créer une chambre Montessori: Chambre Montessori pour bébé. Les grands principes.

Et vous, que pensez-vous de l’approche de Maria Montessori sur le sommeil de l’enfant? Dans quel type de lit dorment vos enfants ?

N’hésitez pas à nous faire part de vos réactions sur le sujet.

A très bientôt

Fabien

Fabien Blot
À propos de Fabien Blot

Dès la naissance d’Arthur, mon premier enfant, en 2012, j’ai passé beaucoup de temps à lire et à m’informer sur tout ce qui se rapproche à la parentalité. Le fruit de tout ce travail m’a amené à choisir des valeurs de maternage maximal, d’écoute et d’empathie. Je pense que pour bien accompagner ses enfants, il faut connaître et respecter les étapes de son développement naturel. L’éducation peut se faire sans récompense et sans punition.

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