Les douces violences du quotidien que l’on peut pratiquer au quotidien avec son enfant, ce ne sont pas les fessées ou tout autre châtiment corporel.

Ce sont des actes brefs et fréquents, que l’adulte pense anodin, et qui mettent l’enfant dans une insécurité affective. Cela peut-être des paroles blessantes, des gestes maladroits, des jugements, des a priori.

En aucun cas, le parent ou l’adulte ne souhaite nuire à l’enfant, et pourtant celui-ci se prend ces remarques de plein fouet, ce qui le déconnecte de l’adulte aimant et l’isole affectivement. C’est presque inconsciemment que l’adulte pratique ces douces violences.

Pourquoi? Simplement du fait qu’il y a de très grandes chances qu’il ait subi ces douces violences quand il était enfant, et que cela s’est banalisé dans sa tête.

Douces violences est un oxymore. Un oxymore est une figure de style qui réunit deux mots en apparence contradictoires. (Exemple : un silence éloquent.)

Douces violences oxymore

Amis lecteurs, je vais partager avec vous une liste non exhaustive de ces douces violences. Il faut savoir qu’à un moment ou à un autre, vous allez vous retrouver dans l’une de ces douces violences. Soit parce que vous les avez subi quand vous étiez petit, soit parce que vous la pratiquez sans vouloir faire de mal. Car il s’agit bien d’un acte inconscient. Je vous conseille de ne pas être dans le déni mais de simplement recevoir l’information et y réfléchir tranquillement. “En quoi cet acte est une douce violence? En quoi cette elle insécurise mon enfant? En quoi elle me déconnecte de mon enfant? Pourquoi je pratique cette douce violence sans m’en rendre compte? Par quoi je peux la remplacer?”
Moi aussi, j’en pratiquais à la maison sans m’en rendre compte. Je vous les exposerai plus bas. Au début, j’essayais de me les justifier: “oui mais bon, il faut bien que… sinon il va… et comment je fais pour…” Ce qui m’a mis la puce à l’oreille, c’est que d’autres douces violences, que j’avais parfaitement identifié comme telles, étaient pratiquées avec d’autres enfants que je pouvais côtoyer. Bien évidemment, je m’en rendais compte mais gardais bien mon avis pour moi, car je sais que les autres parents ne les auraient pas acceptés. Pourquoi en serait-il différent avec moi ?

Ces douces violences sont en grande partie tirée du site internet du Syndicat national professionnel d’assistants maternels et familiaux. Si les parents sont souvent exigeants sur les prestations fournies par une assistante maternelle, accepteraient-ils d’une tierce personne certains comportements qu’ils ont eux-mêmes avec leurs enfants? Certes, vous me direz que le rôle d’assistante maternelle n’est pas celui de remplacer le parent. Et je vous répond justement qu’en tant que parent, vous avez la responsabilité de l’accompagnement de votre enfant. Cet accompagnement peut, mais surtout doit, être mené de manière positive. Pour bien éduquer accompagner un enfant, il est inutile d’être strict, sévère ou de vouloir faire preuve d’autorité.

J’ai simplement adapté certaines douces violences liées au métier d’assistant maternel au quotidien d’une famille ordinaire.

Liste non-exhaustive des douces violences du quotidien

Dans notre comportement

Parler de votre enfant à la troisième personne, alors que votre enfant est au milieu de la transmission.
Faire des transmissions essentiellement négatives.
Critiquer ouvertement un proche de la famille devant votre enfant.
Appeler votre enfant uniquement par des surnoms ne respectant pas sa véritable identité.
Juger par la dévalorisation.
Moucher votre enfant sans le prévenir.
Forcer votre enfant à faire un bisou.

Ce n’est pas toujours évident de se rendre compte que l’on pratique des douces violences. Un bon moyen est de se mettre à la place de l’enfant et se demander si nous aimerions subir ces remarques. On peut aussi se poser la question si nous ferions cela avec l’un de nos parents en mauvaise santé.

Lors des jeux et activités

Forcer votre enfant à faire une activité.
Presser votre enfant, lui mettre la pression pour qu’il se dépêche.
Commenter négativement les acquisitions de votre enfant.
Comparer vos enfants entre eux.
Ne pas laisser votre enfant emporter un jouet qui lui tient à cœur lors des sorties.
Culpabiliser  votre enfant parce qu’il refuse de faire une activité.

Le principe même des jeux et des activités est d’apprendre en prenant du plaisir. Si l’enfant n’est pas enclin à participer ou à faire une activité, respectez-le! Mettez-vous à son niveau, parlez-lui calmement et avec bienveillance afin d’entendre et comprendre ce qu’il ressent.

Lors des repas

Forcer votre enfant à manger.
Supprimer le dessert si votre enfant ne termine pas ce qu’il a dans son assiette.
Faire du chantage.
Mettre votre enfant au lit s’il ne veut pas manger.
Empêcher votre enfant de dormir parce que c’est l’heure du repas.
Empêcher votre enfant de manger tout seul parce qu’il va se salir.
Déshabiller votre enfant pour que ses vêtements restent propre.
Critiquer la nourriture devant votre enfant que l’on forcera à terminer.
Mélanger tous les aliments dans son assiette.
Laver le visage de votre enfant avec un gant d’eau froide, sans le prévenir, par derrière.
Lui attacher la serviette autour du cou en lui baissant la tête.
Racler systématiquement la bouche de votre enfant avec la petite cuillère.

Bien souvent, les deux principaux problèmes sont liés au coucher et au repas. Demandez-vous simplement pourquoi? Si votre enfant ne veut pas manger, c’est qu’il n’a pas faim ou qu’il n’aime pas. Mangez-vous quand vous n’avez pas faim? Cuisinez-vous des haricots verts alors que vous détestez ça?
Je vous vois déjà venir à plusieurs kilomètres: “oui mais les enfants préfèrent manger ce qu’ils aiment et délaissent les aliments bon pour la santé. J’ai l’exemple d’amis dont le fils est très « difficile ». A part du riz, des pâtes, des nuggets, des frites, il ne mange quasiment rien. Il a de grosses carences dans son alimentation, et les problèmes de santé qui en découlent. Mais ils ont renoncé à essayer de lui faire diversifier son alimentation, préférant la facilité de repas qui se passent dans le calme.”
En fait, c’est très simple pour éviter ce genre de situation. Servez simplement à vos enfants des aliments bons pour la santé. Ils n’ont pas la capacité de comprendre qu’un fruit est meilleure pour la santé qu’un Kinder. Votre enfant ne se laissera jamais mourir de faim. Sachez que l’embonpoint n’est pas signe de bonne santé.
Chez nous, quand on veut se faire plaisir avec du chocolat, on achète du Lindt à plus de 85% de cacao ou je prépare une pâte à tartiner maison avec des noisettes, du miel, du cacao et des dattes. Arthur adore ça et peut forcer un peu sur la cuillère sans que cela soit mauvais pour sa santé.

Autour de la toilette

Parler entre adultes durant un change dans l’ignorance de votre enfant.
Faire des commentaires sur l’hygiène de votre enfant, sur son anatomie, sur ses petits maux.
Sentir les fesses de votre enfant en lui disant « tu pues ».
Ne pas parler à votre enfant durant le change.
Prendre votre enfant pour le changer sans le prévenir.
Dire à votre enfant qu’il est sale, qu’il pue.
Empêcher votre enfant d’aller aux toilettes.
Laisser longtemps votre enfant sur le pot, jusqu’à ce qu’il y ait quelque chose dedans.
Gronder votre enfant qui a fait caca, alors que vous venez juste de le changer.
Parler devant tout le monde d’un souci concernant votre enfant.

Les soins et la toilette implique le corps de l’enfant. Bien souvent sa motricité ne lui permet pas d’agir seul. Il est dépendant de l’adulte. Personne n’aime être dépendant de quelqu’un. Essayons donc de le respecter au maximum.

Lié au sommeil

Forcer votre enfant à dormir.
Laisser votre enfant hurler seul dans son lit à barreau.
Ne pas coucher votre enfant lorsqu’il a sommeil.
Réveiller rapidement votre enfant qui dort sans explicitation.
Discuter à haute voix alors que votre enfant essaie de s’endormir ou dort.
Laisser votre enfant dans son lit lorsqu’ils est bien réveillé parce que vous êtes occupés.

La gestion du sommeil est certainement le moment le plus compliqué avec de jeunes enfants. Soyons bien vigilant à ne pas se cacher derrière un pseudo besoin de sommeil de l’enfant, alors que l’on veut simplement avoir un moment de tranquillité. Si vous avez un lit à barreau à la maison, demandez-vous à quoi il sert réellement?

Celles que nous avons pratiqués

Comme promis, voici les douces violences que nous avons pratiqués, et qu’il peut encore parfois nous arriver de faire. C’est plutôt rare mais nul n’est infaillible.
“Il est 20h, c’est l’heure de se coucher.” C’est Amélie qui l’endort au sein, donc quand Arthur n’était pas fatigué, et bien il ne dormait pas. Mais ça, nous ne nous en rendions pas compte. Je pense qu’on devait se dire qu’il faisait ça pour nous embêter et qu’il refusait de dormir tout simplement.
“Viens voir par ici toi! Oh tu as fais caca, tu pues.” Certes, il a bien fait caca et il pue. Quand je rentre d’une sortie de course à pied et que je sens le chacal malade à 10 mètres à la ronde, j’apprécie qu’Amélie ne me le fasse pas remarquer. Pourquoi? Parce que je me sens mis à l’écart.
“Non chéri, tu finis ton assiette avant d’aller jouer. Juste une dernière cuillère alors!” Pourquoi pas deux ou trois? Qui sait mieux que lui ce dont il a besoin. A la maison, l’approche des repas a radicalement changé depuis que j’ai lu le livre Mon enfant ne mange pas. Je vous invite vraiment à lire l’article que j’ai rédigé à ce sujet.
“Tu es fatigué mon chéri? Oui, on va aller se coucher après manger.” Carnage assuré et aucun aliment avalé…
“Arthur, viens, dépêche-toi, on t’attend!” Pas de petits surnoms dans ces moments-là. S’il ne vient pas, c’est qu’il a quelque chose qui l’importe bien plus. Prendre le temps de prendre le temps, cela ne prend pas plus de temps ;-)
“Tu l’aurais vu ce matin, il a pris sa petite marche et il a réussi à ouvrir la porte tout seul.” Quand on parle de choses positives, ça passe mieux, mais mettez-vous simplement à sa place. Vous êtes au milieu de la conversation, on parle de vous mais vous êtes totalement exclus de l’échange.

Le but de cet article est de nous faire réfléchir sur ces petits comportements que nous avons au quotidien, qui nous semblent anodins mais qui peuvent mettre nos enfants dans une insécurité affective. Le but n’est pas de culpabiliser mais plutôt de réfléchir à ce que nous pourrions améliorer.

Par ailleurs, ce jeudi soir à 21h, Amélie vous propose une conférence en ligne et en direct où elle abordera :

1️⃣: Arrêter de crier sur ses enfants 🗣
Comment construire de belles relations sans culpabilité pour la maman et sans frustration pour les enfants.

2️⃣: Se libérer de sa charge mentale 🧘🏻
Comment se libérer de sa charge mentale pour mieux rayonner sur ses enfants et son conjoint grâce à un concept simple mais très puissant.

3️⃣: Avoir confiance en soi/être aimé ❤️
Développer sa confiance en soi! Comment assumer ses choix, les vivre pleinement pour être aimé par toute sa famille.

4️⃣: Mieux s’organiser ✏️
Mise en place concrète d’habitudes de vie pour gagner du temps et se sentir capable de prendre sa vie en main.

Si vous voulez venir à cette conférence gratuite, je vous laisse vous inscrire ici : https://www.maman-epanouie.fr/conference-maman-epanouie

Prends soin de toi et de tes enfants

Fabien

Fabien Blot
À propos de Fabien Blot

Dès la naissance d’Arthur, mon premier enfant, en 2012, j’ai passé beaucoup de temps à lire et à m’informer sur tout ce qui se rapproche à la parentalité. Le fruit de tout ce travail m’a amené à choisir des valeurs de maternage maximal, d’écoute et d’empathie. Je pense que pour bien accompagner ses enfants, il faut connaître et respecter les étapes de son développement naturel. L’éducation peut se faire sans récompense et sans punition.

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