Période du non. Comment gérer la phase d'opposition ?
Période du non. Comment gérer la phase d'opposition ?

Gérer la période du NON avec succès !

Entre 18 mois et 2 ans l’enfant s’affirme et gagne en autonomie. C’est une période qui peut s’avérer difficile à vivre pour les parents. Si votre enfant est dans la période du non, qu’il refuse systématiquement tout ce que vous lui proposez et que ça commence à vous exaspérer, alors vous êtes au bon endroit pour trouver les ressources nécessaires et passer cette période du non avec succès !

Et oui, gérer la période du non avec succès c’est possible !

La période du non est souvent fatigante et déroutante pour les adultes. Cette période commence à se dessiner vers les 18 mois de l’enfant et sa durée est assez aléatoire. Elle peut s’arrêter assez vite comme continuer jusqu’aux deux ans, voir deux ans et demi de l’enfant.

Comme la plupart des parents du monde, nous avons été confronté à cette situation avec Arthur, nous avons donc cherché les solutions pour bien gérer cette période du non. A l’aide des ouvrages “J’ai tout essayé !” d’Isabelle Filliozat et “Se faire obéir sans crier” de Barbara Unell & Jerry Wyckoff, nous allons vous communiquer les clés pour passer cette période du non dans la douceur et l’harmonie.

Pourquoi les enfants ont une période du non ?

La période du non de l’enfant découle de deux situations :
– La période du non des parents
– L’affirmation de leur personnalité

Et oui, on a beau l’oublier assez vite, mais entre 12 et 18 mois l’enfant commence à se déplacer tout seul et à toucher à tout, et quelle est la réponse des parents face à ces situations ? le “Non” ! Les parents ont donc leur période du non avant celle de leur enfant.

L’enfant comprend bien que ce “non” intrusif vient l’empêcher de mener à bien une découverte où toute autre activité entreprise. Au moment où lui même va affirmer sa personnalité, c’est donc avec le plus grand des naturels qu’il dira non dès que l’occasion se présentera.

Comment gérer la période du non ?

Il est possible de minimiser cette période du non par des mesures préventives veillant à amorcer dans la bienveillance et le respect commun la période où l’enfant affirme sa personnalité.

Gérer la période du non en amont

Remplacer l’utilisation du “non” : Le nom est l’un des mots les plus populaires chez les enfants parce qu’il l’est aussi (et d’abord) chez les parents. Vous pouvez remplacer l’utilisation du “non” par un autre mot, comme “stop” par exemple. Dire “stop” pour arrêter l’enfant dans une action qui vous déplaît parait plus adapté et plus efficace.

Centrez vous sur les “vrais” non : Certains parents disent “non” à l’enfant par automatisme, et pourtant l’action faite par l’enfant n’est pas réellement problématique pour le parent. Avant de dire “non”, il convient de se poser la question : “Est-ce que je veux réellement l’empêcher de faire cela ?” Se concentrer sur les “vrais” non renforcera la valeur et l’intérêt de ce mot et sera perçu différemment par l’enfant.

– Éviter les questions fermées : La réponse à une question fermée est “oui” ou “non”. Au lieu de poser une question telle que “Veux-tu aller te promener ?” dites lui “Nous allons partir nous promener.” Au lieu de lui demander s’il veut manger de la purée, demandez lui combien de cuillère de purée il veut… et ainsi de suite pour toutes les situations du quotidien. Donner des informations et lui permettre de faire ses propres choix vont renforcer son estime de soi.

Écouter l’enfant : Certains “non” n’ont pas de sens, l’enfant est alors fâché ou contient une pression. Aidez le à lui faire relâcher cette pression en le prenant dans vos bras, en lui parlant, en le rassurant, en l’écoutant ou en l’amenant sur autre chose.

Avoir une attitude positive et respectueuse aide l’enfant à se construire et à dépasser cette période du non. Le parent est l’un des acteurs principal de cette période du non, par ses actions, ses attentions et toute sa démarche, il peut aider l’enfant dans le cheminement de son “moi” intérieur et dans le respect de sa personne.

Gérer la période du non en aval

– Donner de l’attention à ses “oui” : Favoriser l’interaction lorsque l’enfant dit “oui” va lui donner l’envie de répéter ce comportement. Parallèlement, donner moins d’attention à ses “non” contribuera à renforcer les “oui”.

– Laisser l’enfant s’exprimer : L’enfant peut et doit avoir des moments ou il n’est pas d’accord, des moments ou il ne veut pas coopérer. C’est normal. Par moment, quand vous sentez la légitimité dans sa conviction, ne pas insister permet à l’enfant de renforcer sa personnalité, son estime de soi et la confiance qu’il s’accorde et qu’il vous accorde.

– Éviter d’encourager ses non : Comment ne pas être attendrie devant son tout petit qui commence à s’affirmer et qui donne dans le “non” avec confiance et détermination. Certaines situations cocasses auront vite fait de vous faire sourire. L’enfant le perçoit très bien, et en vous faisant rire il aura très vite envie de recommencer à attirer votre attention par le moyen du “non”.

– Garder son calme : Les parents sont les personnes en qui l’enfant à le plus confiance, il se construit à travers notre regard. Il faut bien garder à l’esprit que la période du non est tout à fait normal. Le sachant, il est important de garder son calme face à des situations déstabilisantes et irritantes. Si vous sentez monter en vous une certaine colère, mieux vaut quitter la pièce et aller relâcher la pression en étant éloigné de votre enfant. Une fois apaisée, vous pourrez revenir vers lui.

– Expliquer les choses : Parfois l’enfant dit “non” mais au final vous “imposerez le “oui”. Par exemple, lorsque l’enfant ne veut pas rendre le jeu emprunté à la ludothèque. Il faut alors prendre le temps de lui expliquer. Pour cela, vous pouvez vous mettre à sa hauteur, lui parler calmement et clairement et pourquoi pas l’impliquer, par exemple en lui disant “C’est toi qui va redonner le jeu à la dame de la ludothèque!”

Même si elle n’est pas facile à gérer, cette période du non est saine car l’enfant se perçoit comme une personne à part entière qui cherche à affirmer ses propres choix. Accompagner avec douceur son enfant dans la construction de son estime de soi est l’un des plus beaux cadeaux que vous pourrez lui faire.

Et vous, comment vivez vous cette période du non ?

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Chaque semaine, je partage mes réflexions sur la parentalité positive, le maternage proximal ou encore la pédagogie Montessori.
Je partage également les activités pédagogiques que nous réalisons à la maison 🙂

About Amelie Blot

Je me rappelle étant petite que je disais à ma maman : "quand je serai grande je ne punirai pas mes enfants !". Les années ont passé, je suis devenue maman et ce principe qui "était" en moi est plus fort que jamais. Je me forme au quotidien, à travers mes lectures enrichissantes et auprès de mon petit Arthur, à une méthode d'éducation respectueuse et bienveillante. J'espère pouvoir vous transmettre le goût de vivre la fabuleuse aventure de la parentalité tout en préservant l'épanouissement familiale si nécessaire au bonheur.

13 13 commentaires

  1. Mercedes Nauzieres

    J'aime vraiment bcp toutes ces explications et merci !!
    Loucas arrive à petit pas vers le "non" ….. Il est vrai qu'il m'arrive de glisser ds ma façon d'aborder le non par stop ! Il réagit à ce mot nouveau … Ça marche parfois mais il est encore petit ….:-)
    Patience , écoute et calme , ils grandissent et l'étape passe ….
    Continuez vos messages qui j'en suis sûre font du bien et rassure plus d'unes!!!!

  2. Merci beaucoup Mercedes, c'est très encourageant !
    A très vite,
    Amélie

  3. Arrivée ici via FB, je me suis déjà détectée de 2/3 articles bien agréables. Merci je reviendrais ☺.
    Concernant la période du non et des colères associées, cela peut il se transformer en mauvais caractère ou petit garçon ronchon ?
    Titi a 28 mois et le non fait tjs et encore parti de son vocabulaire. . Bcp moins les colères mais j’ai vraiment l’impression qu’il a hérité du caractère râleur de son père. .. est ce possible à cet âge ?
    Car sans connaître à fond ces méthodes, je les appliquais depuis ses 18 mois… mais je commence à perdre espoir de retrouver mon petit garçon si joyeux a tte heure de la journée et qud la nounou de la crèche me dit que cela a duré jusqu’aux 6 ans de son fils.

    • Bonjour Mon Papillon, Il se peut que votre petit garçon soit en pleine période du non! Quoi que nous fassions les enfants cherchent à s’affirmer et c’est bon pour eux ! La période entre 2 et 3 ans est très délicate à vivre pour les parents, on l’appelle souvent le “terrible two”. Avec beaucoup de bienveillance, de patience et d’amour tout rentrera dans l’ordre à un moment ou un autre.
      Aussi, les enfants font beaucoup de mimétisme avec leurs parents, ils nous observent et reproduisent bien souvent nos actions et nos comportement, donc si le papa est un peu râleur il est possible que votre fils s’imprègne un peu de ça.
      Merci pour votre commentaire et à très vite.
      Amélie

  4. Mon PapillonCeline

    Merci pr cette réponse éclairée car j’avais déjà vite oublié qu’ effectivement’ ils reproduisent ce qu’ils voient… il faut donc que j’envoie le papa en stage de bonne humeur ☺… allez, je continue ici mes lectures fort intéressantes. ..

  5. Djimasra Guillaume

    Merci pour les orientations Amelie. Nous vivons une période de NON avec notre petit Garçon de 3ans. Quand il décide, il fait tout pour atteindre ses objectifs. Il me comprend plus que sa maman. Et très calme quand je parle avec lui. Mais tout à fait le contraire avec sa maman.

    • Bonjour Djimasra Guillaume, c’est vrai que l’enfant a souvent un comportement différent lorsqu’il est avec son papa ou sa maman. La maman représente la décharge affective la plus grande pour l’enfant, c’est donc avec elle qu’il va complètement laisser aller ses émotions (pleurs, cris, larmes…). C’est pourquoi il est important d’avoir un couple solide afin que chacun occupe la place qui lui est attribuée et puisse y jouer son rôle sereinement. Cette période passera avec le temps, le mieux est de continuer à bien accompagner votre enfant dans les moments ou la gestion de ses émotions lui est compliquée. A bientôt, Amélie

  6. bjr mon fils de 20 mois est en pleine crise de non franchement je n’en peux plus car pour tout et rien il fait des colères monstres meme papa n’en peut plus et comme il ne parle pas il ne fait que hurler tout le temps mon pédiatre n’a dit ca y est il est en opposition avec vous. J’essayerai appliquer vos conseils car maman est au bout du rouleau. nouvelles au prochain episode.
    Merci

    • Bonjour Fanny, Et oui la période est difficile, nous avons connu cela avec Arthur et je dois bien vous avouer que nous sommes encore en plein dedans. Cependant nous avons vu notre quotidien nettement amélioré depuis que nous mettons en pratique à la lettre les conseils dont nous parlons dans cet article (et ceux d’autres articles). Le plus important est d’essayer de garder son calme au maximum. Votre enfant à besoin de vous savoir solide et prêt à recevoir l’émotion qui lui pose problème. Prenez le temps de l’écouter en vous mettant à sa hauteur, pratiquez l’écouter active (https://www.famille-epanouie.fr/ecoute-active/), vous verrez qu’au fil du temps la magie devrait opérer et votre fils retrouver son calme. Sachez tout de même que cela reste une étape à passer pour TOUS les enfants, vous pouvez l’aider à passer cette période mais vous ne pouvez pas supprimer cette période ! Gardez confiance en vous! A très bientôt, Amélie

      • Mon garçon a eu une période difficile à partir de 18 mois avec un pic vraiment dur entre 2 ans et 2 ans 1/2. Et oh miracle, tt s’est arrêté du jour au lendemain où il a commencé à parler il y a 2 semaines.
        Donc pour moi, il y a certes la période d’opposition mais aussi pour certains, à cet âge, une énorme frustration de ne pas pouvoir parler et être compris.
        Bien sûr que j’aurais encore des non et heureusement mais ça fait quand même drôlement du bien de retrouver un enfant “normal” ☺

        • Bonjour Mon Papillon, Je suis bien contente d’apprendre que l’ambiance de ton foyer s’est apaisée, C’est vrai que les enfants veulent communiquer comme les adultes, il est très frustrant d’être incompris ou même de ne pas être capable de s’exprimer. C’est super que ton petit garçon puisse à présent se faire comprendre. Je te souhaite de très beaux moments au quotidien avec toute ta petite famille, A bientôt, Amélie

      • merci beaucoup ca fait du bien de voir que l’on est pas “seuls” a subir cette période délicate très délicate depuis 2/3 jour j’applique la methode des fois ca marche super et des fois non mais je suis un peu plus zen car j’essaie surtout de travailler sur moi-même d’etre calme et sereine.On verra bien sur le long terme. en tout cas MERCI

        • Bonjour Fanny, Je suis contente d’apprendre que la méthode que nous présentons fonctionne par moment pour vous. C’est déjà un très bon début ;-)
          Et puis n’oublions pas que l’enfant est tout un panel d’émotions et qu’il a aussi besoin de refouler le trop plein en lui. Je pense que le travail que vous faites sur vous même est très positif, vous allez pouvoir accueillir les émotions de votre enfant plus facilement et l’aider à les surmonter. Merci pour votre commentaire et à très bientôt,
          Amélie

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